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بقلم أكرم مندامي زين الدين
كانت خطواتي تتناغم مع أمواج شاطئ بيروت، كأن البحر يهمس بما عجزت المدينة عن قوله. في منتصف الليل، مضيت نحو قلبها، لا أبحث عن شارع ولا عن عنوان، بل عن بيروت التي كلما ظننت أنني عرفتها، فتحت أمامي بابًا آخر من الحكايات. هل تعرفون ما معنى بيروت؟ أن تضحك في شارع، ثم تختنق ضحكتك عند زاويته، وأن تعشق مدينة تعرف كم أتعبت قلوب محبيها، ومع ذلك لا تكف عن مناداتهم.
في خيالي تعود المقاهي إلى صخبها، وتضيء دور السينما واجهاتها، ويختلط نداء الباعة بأحاديث العشاق. أتخيل ساعة ساحة الشهداء، والوجوه التي عبرت أمامها، والمواعيد التي جمعت أحبة وفرّقت آخرين. أكاد أسمع ضحكة امرأة، وأرى أمًّا تفتح نافذتها مطمئنة إلى عودة ابنها. ثم يتبدل المشهد دون أن تتحرك قدماي: رصاص، أبواب موصدة، وعيون تفتش عن الغائبين. على الرصيف نفسه مرت خطوات الحب وخطوات الهرب. أي قسوة أن تحمل الحجارة ذاكرة قبلة ودمعة، وأن يبقى على الناس أن يتعلموا كيف يواصلون العيش!
وأنا ذلك المغترب الواقف قبالة مرفأ بيروت. حملني البحر إلى ضفاف بعيدة، لكنه لم يحمل لبنان خارج قلبي. بقيت واقفًا أمام صورة المرفأ حتى حين امتد الدمار إلى قلبه، في رابع أيام آب، يوم أسود كأن الفاجعة انتزعت من صيفه حرارته. لم تتناثر الحجارة والزجاج وحدها؛ تناثرت معها بيوت وأحلام لم يخطر لأصحابها أنها ستُدفن تحت الركام، وقلوب تكاد تشيخ قبل أن تعرف الحقيقة. كأن الإفلات من العقاب قدر يلاحق هذا الوطن. وأتساءل: أيهما أشد قسوة، أن تفقد عزيزًا أم أن تنتظر أعوامًا جوابًا عن سبب فقده؟ ومن يملك حق مطالبة الأمهات بالصبر حين تتأخر العدالة؟
لا أريد أن أكتب مرثية لبيروت، فقد سمعتها تصرخ من أعماق جراحها: «ماذا أصابكم يا أبنائي؟ ألم تتعبوا بعد؟ أما آن لكم أن تلقوا بعيدًا كل ما يزرع بينكم الخوف؟ ألم تشبعوا من الحروب، ومن وداع الأحبة، ومن أعمار ضاعت بين الخراب والانتظار؟ ألا يحق لأطفالكم أن يكبروا كما يكبر أطفال العالم، أن يذهبوا إلى مدارسهم مطمئنين، وأن يحلموا دون أن يخشوا الغد؟ أما آن لكم أن تحبوني كما تحبونني في أغانيكم، وأن تحموني كما تدّعون في خطاباتكم؟ لقد أتعبتم قلبي، وأنا التي لم أبخل عليكم يومًا بحبي. فهل كُتب عليّ أن أبقى أمًّا تودّع أبناءها، بدل أن أكون وطنًا يحتضنهم؟»
توقفت خطواتي، وبقيت بيروت تمشي في داخلي. نظرت إلى البحر، وفهمت أنني لم أخرج بحثًا عن عقارب ساعة، ولا عن صورة قديمة أعلقها على جدار. خرجت أبحث عن حق الناس في حياة لا تسرقها الحروب ولا يبتلعها الانتظار. عن مدينة لا يضطر أبناؤها إلى الهجرة كي يطمئنوا، ولا إلى الصراخ كي يسمعهم أحد. ذلك ما كنت أبحث عنه في تلك الليلة… وقت بيروت.
ترجمة المقال الى اللغة الفرنسية
Le Temps de Beyrouth
Par Akram MENDAME ZENEDDINE
Mes pas s’accordaient avec le bruit des vagues sur le rivage de Beyrouth, comme si la mer murmurait ce que la ville n’avait pu dire. À minuit, j’ai pris le chemin de son cœur, ne cherchant ni une rue ni une adresse, mais cette Beyrouth qui, chaque fois que je croyais la connaître, ouvrait devant moi une autre porte sur ses histoires. Savez-vous ce que signifie Beyrouth ? C’est rire dans une rue, puis sentir son rire s’étrangler au coin de cette même rue ; c’est s’éprendre d’une ville qui sait combien elle a épuisé le cœur de ceux qui l’aiment, et qui pourtant ne cesse de les appeler.
Dans mon imagination, les cafés retrouvent leur tumulte, les cinémas rallument leurs façades, et les cris des marchands se mêlent aux confidences des amoureux. J’imagine l’horloge de la place des Martyrs, les visages qui sont passés devant elle, les rendez-vous qui ont réuni des êtres qui s’aimaient et en ont séparé d’autres. Je crois entendre le rire d’une femme, voir une mère ouvrir sa fenêtre, sereine, sûre du retour de son fils. Puis la scène bascule sans que mes pieds bougent : des coups de feu, des portes closes, des yeux qui cherchent les absents. Sur le même trottoir sont passés les pas de l’amour et les pas de la fuite. Quelle cruauté que les pierres portent la mémoire d’un baiser et d’une larme, et que les gens doivent encore apprendre à continuer de vivre !
Et moi, je suis cet émigré debout face au port de Beyrouth. La mer m’a porté vers des rives lointaines, mais elle n’a pas emporté le Liban hors de mon cœur. Je suis resté debout devant l’image du port, même lorsque la dévastation s’est étendue jusqu’à son cœur, ce quatrième jour d’août, jour noir, comme si la tragédie avait arraché à l’été sa chaleur. Les pierres et le verre n’ont pas été seuls à voler en éclats ; avec eux se sont éparpillés des maisons et des rêves que ceux qui les habitaient» n’auraient jamais imaginés un jour ensevelis sous les décombres, et des cœurs presque vieillis avant d’avoir connu la vérité. Comme si l’impunité était une fatalité qui poursuit cette patrie. Et je me demande : qu’est-ce qui est le plus cruel, perdre un être cher ou attendre des années qu’on vous dise pourquoi vous l’avez perdu ? Et qui détient le droit d’exiger des mères la patience quand la justice se fait attendre ?
Je ne veux pas écrire de chant funèbre pour Beyrouth, car je l’ai entendue crier du fond de ses blessures : « Que vous est-il arrivé, mes enfants ? N’êtes-vous pas encore épuisés ? N’est-il pas temps de jeter au loin tout ce qui sème la peur parmi vous ? N’êtes-vous pas rassasiés de guerres, d’adieux aux êtres chers, de vies égarées entre les ruines et l’attente ? Vos enfants n’ont-ils pas le droit de grandir comme grandissent les enfants du monde, d’aller à l’école en toute sérénité, de rêver sans craindre le lendemain ? N’est-il pas temps de m’aimer comme vous m’aimez dans vos chansons, et de me protéger comme vous prétendez le faire dans vos discours ? Vous avez épuisé mon cœur, moi qui, pas un seul jour, ne vous ai mesuré mon amour. Est-il donc écrit que je demeure une mère qui dit adieu à ses enfants, au lieu d’être une patrie qui les serre dans ses bras ? »
Mes pas se sont arrêtés, et Beyrouth, elle, continuait de marcher en moi. J’ai regardé la mer, et j’ai compris que je n’étais pas sorti à la recherche des aiguilles d’une horloge, ni d’une vieille image à accrocher au mur. J’étais sorti chercher le droit de chacun à une vie que les guerres ne volent pas et que l’attente n’engloutisse pas. Une ville où les enfants n’auraient pas à émigrer pour trouver la sérénité, ni à crier pour que quelqu’un les entende. Voilà ce que je cherchais cette nuit-là…
Le Temps de Beyrouth.