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بيروت تايمز Beirut Times

مقالات رأي

من تعب الآباء إلى طموح الأبناء… حين تُثمر الغربة ما زرعته الأجيال

عباس علوية… فصل جديد في مسيرة الاغتراب اللبناني نحو مواقع التأثير وصناعة القرار الأمريكي

كتب: أكرم مندامي زين الدين

رسائل إلى الاغتراب اللبناني

من جنوب لبنان، حيث تختزن الأرض حكايات الرحيل والانتظار، إلى ميشيغان، حيث كتب أبناء الاغتراب فصولًا من النجاح والعمل والمثابرة، يبرز اسم عباس علوية، الذي تشير النتائج الانتخابية إلى فوزه بمقعد في مجلس شيوخ الولاية الأمريكية، حاملًا معه حكايةً تتجاوز حدود الفوز الانتخابي. وبين ضفتي هذه الرحلة، أجيالٌ من اللبنانيين الذين عبروا المحيطات بحثًا عن مستقبل لأبنائهم، فإذا بأحلامهم التي حملوها في حقائب الهجرة تكبر، حتى بلغت يومًا أبواب المؤسسات التي تُصنع فيها القرارات.

وخلف هذا الإنجاز حكايات رجال ونساء لم تعرفهم الصحف، ولم تُرفع صورهم في الحملات الانتخابية، لكنهم وضعوا بتعب أيديهم وصبرهم الأساسات الأولى لما أصبح اليوم حضورًا اجتماعيًا واقتصاديًا وسياسيًا.

في ميشيغان، حيث ارتبط تاريخ الولاية بصناعة السيارات، وجد كثير من المهاجرين اللبنانيين فرصتهم الأولى. دخلوا المصانع، وفتحوا المتاجر، وواجهوا صعوبات اللغة والاندماج والمنافسة. ولم تكن الغربة رحيمة دائمًا، لكنهم أدركوا أن ما يستطيعون تركه لأبنائهم أثمن مما يجمعونه لأنفسهم.

كان التعليم استثمارهم الأبعد نظرًا، ومن تعب الآباء خرجت أجيال امتلكت المعرفة والثقة والقدرة على المنافسة، حتى أصبح الوجود اللبناني جزءًا فاعلًا من المجتمع الأمريكي، يساهم في اقتصاده ويشارك في مؤسساته.

وفي هذا السياق تكتسب تجربة عباس علوية دلالتها. فالطفل الذي انتقل من لبنان إلى ديربورن، وتلقى تعليمه في الولايات المتحدة، ودرس الصحة العامة وعمل في مكاتب أعضاء من الكونغرس، شق طريقه إلى العمل السياسي من خلال المعرفة بالمؤسسات والانخراط في قضايا المجتمع.

وهنا يظهر الفرق بين النجاح الفردي والتأثير المؤسسي. فامتلاك الثروة أو بناء الأعمال لا يعني بالضرورة امتلاك القدرة على المشاركة في القرار العام. تلك منزلة تحتاج إلى تعليم وثقة اجتماعية وتحالفات وفهم للقوانين، وإلى قدرة على تمثيل مصالح تتجاوز حدود الجالية التي ينتمي إليها المرء.

فالاغتراب اللبناني لم يعد مجرد امتداد جغرافي لوطن صغير، بل أصبح رصيدًا بشريًا حاضرًا في اقتصادات ومؤسسات كبرى. غير أن لبنان ما زال ينظر إلى هذا الرصيد، في كثير من الأحيان، من نافذة التحويلات المالية، متناسيًا أن المعرفة والعلاقات والخبرات التي اكتسبها أبناؤه في الخارج قد تكون أثمن أثرًا في التنمية من الأموال التي يرسلونها.

إن تحويلًا ماليًا يساعد أسرة على مواجهة أعباء الحياة، أما نقل معرفة مؤسسية، أو إقامة شراكة إنتاجية، أو فتح سوق أمام مؤسسة لبنانية، فقد يخلق فرصًا تستمر سنوات.

ومن هنا، فإن العلاقة مع الاغتراب تحتاج إلى رؤية وطنية تحترم استقلالية أبنائه وانتماءهم إلى البلدان التي استقروا فيها، وتفتح أمامهم مجالات التعاون العلمي والاقتصادي والاستثماري، دون أن تختزلهم في ممولين عند الأزمات أو ضيوف في المناسبات.

وما يستحق التأمل في تجربة ميشيغان أن الحضور السياسي لا تصنعه الجذور وحدها، ولا تمنحه كثافة الجالية، بل تبنيه المشاركة الطويلة في المجتمع. فالانتخابات تمنح الفائز مقعدًا، أما الثقة التي أوصلته إليه فتصنعها سنوات العمل والالتزام وفهم احتياجات الناس، مهما اختلفت أصولهم.

ويبقى الوجه الإنساني لهذه الحكاية أعمق من الحسابات الانتخابية.

أتخيل أبًا عاد من مصنعه في مساء بارد، وقد أثقل التعب كتفيه، لكنه وجد في نجاح ابنه المدرسي ما يخفف عنه قسوة النهار. وأمًا أخفت حنينها إلى بيت تركته خلف البحر، وراحت تفتح لأبنائها أبواب المستقبل، دون أن تسمح لذاكرة الوطن بأن تغيب عن قلوبهم.

ربما لم يحلم هؤلاء يومًا بمقاعد تشريعية أو مواقع نفوذ. كان أقصى ما تمنّوه منزلًا آمنًا، وشهادة جامعية، وعملًا يحفظ لأبنائهم مستقبلهم. لكن ما زرعوه من صبر وتعليم وإصرار تجاوز أحلامهم الأولى.

وحين أقرأ اليوم اسم عباس علوية، أرى تلك المسافة الإنسانية بين تعب الآباء وطموح الأبناء. أرى حقائب حملت القليل من المتاع والكثير من الأمل، وأيدي عملت بصمت، وبيوتًا احتفظت بذاكرة لبنان بينما كانت تفتح نوافذها على مستقبل جديد.

لقد نجح أبناء الاغتراب لأنهم لم يكتفوا بالحنين إلى ما تركوه، بل شاركوا في بناء ما وجدوه. أما لبنان، فعليه أن يتعلم كيف يصنع لأبنائه فرصًا داخل وطنهم، بدل أن تبقى الغربة الطريق الأوسع لتحقيق أحلامهم.

وإذا كان عباس علوية قد بلغ أبواب مجلس شيوخ ميشيغان، فإن الذين مهّدوا له الطريق وصلوا معه، وإن غابت أسماؤهم عن صناديق الاقتراع.

*استشاري وخبير في الشؤون الاستراتيجية والتنمية الاقتصادية

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 Du labeur des parents aux ambitions des enfants : quand l’exil fait mûrir les rêves semés par des générations

 Abbas Alawieh… un nouveau Chapitre dans le parcours de la diaspora libanaise vers les sphères d’influence et les lieux où se prennent les décisions aux États-Unis

Par Akram MENDAME ZENEDDINE

Dubai, 3 novembre 2026

Lettres à la diaspora libanaise

Du Sud-Liban, où la terre garde en elle les récits du départ et de l’attente, au Michigan, où les enfants de la diaspora ont écrit des pages de réussite, de travail et de persévérance, le nom d’Abbas Alawieh se distingue. Les résultats du scrutin indiquent qu’il a été élu au Sénat de l’État du Michigan, portant avec lui une histoire qui va bien au-delà d’une victoire électorale. Entre les deux rives de ce parcours, des générations de Libanais ont traversé les océans en quête d’un avenir pour leurs enfants. Les rêves qu’ils avaient emportés dans leurs valises ont grandi, jusqu’à les conduire un jour aux portes des institutions où se prennent les décisions.

Derrière cette réussite se cachent les histoires d’hommes et de femmes que les journaux n’ont jamais connus et dont les visages n’ont jamais été affichés dans les campagnes électorales. Pourtant, par le travail de leurs mains et leur patience, ils ont posé les premières pierres de ce qui est devenu aujourd’hui une présence sociale, économique et politique.

Au Michigan, où l’histoire de l’État est étroitement liée à l’industrie automobile, de nombreux immigrants libanais ont trouvé leurs premières possibilités. Ils ont travaillé dans les usines, ouvert des commerces et affronté les difficultés de la langue, de l’intégration et de la concurrence. L’exil n’a pas toujours été clément, mais ils ont compris que ce qu’ils pouvaient transmettre à leurs enfants avait plus de valeur que tout ce qu’ils pouvaient amasser pour eux-mêmes.

L’éducation fut leur investissement à plus long terme. Grâce au labeur de leurs parents, les générations suivantes ont grandi avec le savoir, l’assurance et la capacité de rivaliser. Peu à peu, la présence libanaise est devenue une composante active de la société américaine, contribuant à son économie et prenant part à ses institutions.

C’est dans ce contexte que l’expérience d’Abbas Alawieh prend tout son sens. L’enfant qui a quitté le Liban pour Dearborn, fait ses études aux États-Unis, étudié la santé publique et travaillé au sein des équipes de membres du Congrès a tracé son chemin dans la vie politique grâce à sa connaissance des institutions et à son engagement dans les causes de la communauté.

C’est là qu’apparaît la différence entre la réussite individuelle et l’influence institutionnelle. Posséder une fortune ou bâtir des entreprises ne signifie pas nécessairement avoir la capacité de participer aux décisions publiques. Accéder à cette place exige de l’éducation, une confiance sociale, des alliances et une bonne compréhension des lois, ainsi que la capacité de représenter des intérêts qui dépassent les limites de sa propre communauté.

La diaspora libanaise n’est plus seulement le prolongement géographique d’une petite patrie : elle est devenue une richesse humaine, présente au sein de grandes économies et institutions. Pourtant, le Liban continue souvent de la considérer à travers le seul prisme des transferts financiers, oubliant que les connaissances, les relations et l’expérience acquises par ses enfants à l’étranger peuvent contribuer davantage au développement que les fonds qu’ils envoient.

Un transfert d’argent aide une famille à faire face aux difficultés du quotidien. Mais transmettre un savoir institutionnel, établir un partenariat productif ou ouvrir un marché à une entreprise libanaise peut créer des possibilités qui perdurent pendant des années.

Voilà pourquoi la relation avec la diaspora a besoin d’une vision nationale qui respecte l’autonomie de ses membres et leur sentiment d’appartenance aux pays où ils se sont établis, tout en leur ouvrant des espaces de coopération scientifique, économique et d’investissement. Il ne faut pas les réduire à des financiers que l’on sollicite en temps de crise, ni à des invités de circonstance lors des cérémonies.

Ce qui mérite réflexion dans l’expérience du Michigan, c’est que la présence politique ne se construit pas sur les seules origines, et que la taille de la communauté ne suffit pas à la garantir. Elle se bâtit par une participation de longue haleine à la vie de la société. Une élection attribue un siège au vainqueur, mais la confiance qui l’y a conduit se forge au fil des années, par le travail, l’engagement et la compréhension des besoins de tous, quelles que soient leurs origines.

Mais la dimension humaine de cette histoire dépasse de loin les calculs électoraux.

Je m’imagine un père rentrant de l’usine par une froide soirée, les épaules alourdies par la fatigue, mais trouvant dans la réussite scolaire de son fils de quoi adoucir la rudesse de sa journée. Et une mère qui retenait sa nostalgie de la maison laissée derrière elle, tout en ouvrant à ses enfants les portes de l’avenir, sans laisser le souvenir de leur patrie s’effacer de leurs cœurs.

Ces parents n’ont peut-être jamais rêvé de sièges au Parlement ni de postes d’influence. Tout ce qu’ils souhaitaient, c’était un foyer sûr, un diplôme universitaire et un emploi qui assure l’avenir de leurs enfants. Pourtant, ce qu’ils ont semé la patience, l’éducation et la détermination a dépassé leurs premiers rêves.

Quand je lis aujourd’hui le nom d’Abbas Alawieh, je vois le chemin humain qui relie le labeur des parents à l’ambition des enfants. Je vois des valises contenant peu d’effets personnels et beaucoup d’espoir, des mains qui ont travaillé dans le silence, et des foyers qui ont gardé la mémoire du Liban tout en ouvrant leurs fenêtres sur un avenir nouveau.

Les enfants de la diaspora ont réussi parce qu’ils ne se sont pas contentés d’éprouver de la nostalgie pour ce qu’ils avaient laissé derrière eux : ils ont contribué à bâtir la société qui les a accueillis. Quant au Liban, il doit apprendre à offrir à ses enfants des perspectives dans leur propre pays, plutôt que de laisser l’exil demeurer la voie la plus ouverte à la réalisation de leurs rêves.

Et si Abbas Alawieh est aujourd’hui aux portes du Sénat du Michigan, ceux qui lui ont frayé le chemin y sont arrivés avec lui, même si leurs noms ne figurent sur aucun bulletin de vote.

تنويه من إدارة بيروت تايمز

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